Breivik ne voit que deux verdicts justes : la peine de mort ou l’acquittement

Le Monde.fr avec AFP | 18.04.2012 à 08h13 • Mis à jour le 18.04.2012 à 17h03

Anders Behring Breivik, au tribunal d'Oslo, le 17 avril 2012.

Pour le troisième jour de son procès mercredi 18 avril, Anders Behring Breivik témoigne devant le tribunal d’Oslo, où il est jugé pour le massacre de soixante-dix-sept personnes le 22 juillet 2011 en Norvège. L’extrémiste de 33 ans n’a manifesté aucun regret et plaide non coupable.

La procureur Inga Bejer Engh l’a interrogé sur les facteurs qui l’ont conduit à se radicaliser au fil des années pour en arriver à faire exploser une bombe près du siège du gouvernement et à ouvrir le feu sur des jeunes travaillistes sur l’île d’Utoeya. Comme lors des deux premières journées, Breivik est entré dans la salle 250 du tribunal d’Oslo en faisant son salut extrémiste, bras droit tendu et poing fermé, qui représente, selon lui, “la force, l’honneur et le défi aux tyrans marxistes en Europe.

Anders Behring Breivik a évoqué, comme la veille, deux autres “cellules” qu’il a dit exister, assurant qu’elles pourraient frapper à tout moment. Une affirmation que le ministère public norvégien a dit ne pas croire, à l’issue de ce troisième jour d’audience. L’accusé a aussi estimé que la peine de mort ou l’acquittement étaient les deux seules “issues justes” à son procès. “Une peine de prison de vingt-et-un ans est pathétique. Je ne souhaite pas [la peine de mort], mais j’aurais respecté le verdict”, a-t-il dit.

BREIVIK GARDE LE SECRET SUR SES CONTACTS

Coopératif la veille sur son parcours personnel – l’accusation cherchant à mettre en lumière ce qui a conduit à sa radicalisation au fil de son éducation et de ses activités professionnelles – Breivik a refusé à plusieurs reprises mercredi de s’exprimer sur ses contacts avec d’autres militants nationalistes. Et, derrière eux, sur la création des Chevaliers templiers, l’organisation mystique à laquelle il prétend appartenir. Dans son manifeste de 1 500 pages diffusé le jour des attaques, l’extrémiste de droite dit être membre de ce réseau de militants nationalistes, qu’il aurait fondé avec trois autres personnes à Londres en 2002. La police norvégienne n’est jamais parvenue à prouver l’existence de ce groupe.

Breivik s’est borné à expliquer qu’il était entré “incidemment” en contact sur Internet avec une personne à l’étranger en 2001, un contact qui aurait été le déclencheur de la création des Chevaliers templiers. Il a aussi confirmé s’être rendu au Liberia pour rencontrer un militant nationaliste serbe, refusant de fournir le nom de cet individu et les raisons de cette rencontre, évoquant seulement un processus de sélection. “Je ne souhaite pas fournir d’informations susceptibles de conduire à des arrestations supplémentaires”, a-t-il dit.

Tout juste a-t-il expliqué avoir utilisé deux couvertures pour justifier son voyage dans le pays africain, alors ravagé par une guerre civile et qu’il a décrit comme “un trou” en plein western. Aux autorités libériennes, il a dit être en mission pour l’Unicef : il avait placé dans ses bagages des brochures récupérées au siège norvégien de l’organisation. A ses amis et contacts africains, il a expliqué son voyage par un négoce de diamants

“ME DÉLÉGITIMER”

Breivik a refusé de répondre à de nombreuses questions de la procureur mercredi. “J’ai compris que vous allez essayer de me ‘déligitimer'”, a-t-il dit à Mme Bejer Engh, la suspectant, comme la police, de vouloir mettre en cause la réalité de son voyage au Liberia. Face à cet échange peu fructueux entre l’accusation et l’accusé, la juge Wenche Elizabeth Arntzen a semblé perdre patience. “On ne peut pas continuer à avoir ce genre de discussion indéfiniment”, a-t-elle dit, rappelant à Breivik que l’absence de réponse pourrait aussi être retenue contre lui, l’heure du jugement venue.

Le 22 juillet 2011, Breivik avait d’abord tué huit personnes en faisant exploser une bombe au pied de la tour qui abrite le siège du Premier ministre travailliste, absent à ce moment-là. Puis, déguisé en policier, il avait froidement tiré pendant plus d’une heure sur des membres de la Jeunesse travailliste réunis en camp d’été sur l’île d’Utoeya, près d’Oslo, faisant 69 autres victimes, essentiellement des adolescents.

Breivik plaide non coupable et le principal point d’interrogation du procès, qui devrait durer dix semaines, porte sur sa santé mentale. Jugé pénalement irresponsable, il risque l’internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt vingt et un ans de prison, une peine qui pourra ensuite être prolongée aussi longtemps qu’il sera considéré comme dangereux

 

 


Comments

Olivier Truc @OlivierSweden

Le seuls regrets que Breivik exprime, à part de ne pas avoir tué plus de gens, sont des formulations “pompeuses” dans son manifeste, qu’il ne respecte comme verdict pour lui que la peine de mort ou l’acquittement. Considère la peine de 21 ans comme ridicule.

Des spécialistes ont écrit hier dans la presse que Breivik mélangeait de façon confuse croisés, templiers et franc-maçons dans un tout.

Breivik retombe sur l’idée de terroriste solitaire. Pour info, ce concept est né au sein de l’extrême-droite américaine dans les années 70.

Breivik sait que l’image qu’il donne est et sera analysée pour trancher s’il est malade ou non. Sa crainte est d’être pris pour fou.

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