La cocaïne, toujours moins chère

Bạch phiến, giá ngày càng rẻ

Le Monde.fr | 29.03.2012 à 18h39 • Mis à jour le 29.03.2012 à 21h08

Par Audrey Fournier

L'abondance de l'offre et la faiblesse du prix de la cocaïne témoignent d'un échec retentissant des politiques de destruction mises en oeuvre par les gouvernements.

L’abondance de l’offre et la faiblesse du prix de la cocaïne témoignent d’un échec retentissant des politiques de destruction mises en oeuvre par les gouvernements. | AFP/CRIS BOURONCLE

Sự dồi dào trong cung cấp và giá cả dễ mua của côcain (bạch phiến) chứng tỏ

L’article avait fait grand bruit lorsqu’un journaliste blogueur de The Atlantic s’était penché sur la corrélation entre la baisse du prix de la cocaïne et le reflux de la criminalité aux Etats-Unis, deux phénomènes dont on peut situer l’amorce au milieu des années 90. Selon Llewellyn Hinkes-Jones, la baisse des profits générés par la cocaïne aurait détourné les dealers de ce marché, le gramme de “coke” étant passé de plus de 150 euros à environ 80 en une dizaine d’années. Et d’en conclure que cette baisse de la violence est directement liée à un changement d’activité des voyous.

Sauf que, d’une part, rien n’indique que le fort taux de criminalité aux Etats-Unis, qui culmine à la fin des années 60 et au début des années 70, est lié au prix de cette drogue – surtout qu’à l’époque, l’héroïne était autrement plus populaire. Et que d’autre part, le taux de marge du trafic de cocaïne reste supérieur à celui de n’importe quelle autre activité économique.

La majorité des études sur le sujet parviennent à la même conclusion : le phénomène de baisse des prix révèle une grave sous-estimation par les autorités de lutte anti-drogue de la production de cocaïne dans le monde, une production si importante et si insaisissable que toute tentative de destruction des plantations ou des stocks n’exerce aucune pression à la hausse du gramme.

1 500 EUROS LE KILO À BOGOTA

Le gramme est certes devenu bon marché, mais des disparités assez importantes subsistent au sein des pays consommateurs. Selon le rapport 2011 sur les drogues des Nations unies (PDF en anglais), un gramme coûte plus de 115 euros en Norvège, 90 aux Etats-Unis, 65 en Allemagne, avec un prix plancher au Royaume-Uni, où le gramme se monnaie à peine 45 euros. Un gramme de cocaïne représente entre quatre et six “rails”, “traits” ou “lignes”. Ces distorsions traduisent vraisemblablement l’état de l’offre et de la demande sur chaque marché national, ainsi que la facilité d’approvisionnement.

Pour la Fondation Robert Schuman, auteur d’une étude sur la hausse des parts de marché de la cocaïne, la saturation du marché américain, au début des années 2000, a entraîné un report des flux vers l’Europe, couplée à une baisse sensible des prix : quantité et qualité ont permis de doper la consommation au cours de la dernière décennie. La popularisation de cette drogue, autrefois réservée à une élite, a encouragé l’expansion du trafic, qui même avec un gramme à 50 euros, reste très lucrative.

Colombie, Pérou et Bolivie fournissent toujours l’essentiel de la production mondiale. Le prix de gros du kilo de cocaïne est d’environ 1 500 dollars à Bogota. A destination, ce kilo est revendu autour de 25 000 dollars. Le calcul est simple : entre le producteur et le distributeur, le kilo de cocaïne a pris 1 600 %. A ce niveau-là de profitabilité, le gramme peut bien tomber à 30 euros, le dealer continuera de faire de jolis bénéfices.

Audrey Fournier


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